0 0

Les rencontres photographiques de Guyane

Pour leur deuxième édition, les Rencontres Photographiques de Guyane gardent le cap ! Un festival dont on vous parle parce qu’au-delà de la qualité des travaux exposés, c’est un évènement profondément militant qui lutte pour une certaine idée du reportage.

Seul Festival photographique des département d’Outre -Mer, son ambition est de donner à la photographie d’auteur la place qu’elle mérite dans le paysage culturel guyanais et français. Que les artistes exposés bénéficient d’un statut international ou qu’ils s’illustrent essentiellement au niveau régional.

Ce festival offre une programmation de portée universelle. Le territoire guyanais est en pleine mutation, et une exposition photographique comme celle ci peut jouer un rôle significatif en éclairant les liens, les défis et les émotions que traversent les hommes.  9 artistes présentent leurs travaux ainsi qu’une exposition collective :

Programme : 

Philip Blenkisop : La guerre secrète du Laos continue.

En janvier 2003, le photographe Philip Blenkinsop et le reporteur Andrew Perrin traversent la frontière nord du Laos communiste. Ils sont les premiers journalistes à pénétrer dans cette zone depuis 1975. A l’aide de combattants Hmong, ils marchent vers un camp secret, une des dernières poches de résistance face aux troupes communistes du Laos mais aussi de l’armée régulière vietnamienne.

Ka Xiong : Le Monde des Esprit

Ka Xiong commence la photo à 15 ans, ignorant tout de la technique. Originaire du village de Houyman, il appartient à la communauté Hmong du Laos, qui pratique le culte des esprits. Il commence à en entendre parler vers 3-4 ans par des anciens qui racontent ces histoires aux enfants pour les dissuader de désobéir. À l’époque, il imagine très clairement ces esprits.

 

Katia Clamaran : Cacao, 35 ans après

En septembre 1977, libéré des camps de réfugiés Hmong de Thaïlande, un groupe d’environ 500 personnes est accueilli dans la forêt montagneuse de Cacao. Trente-cinq ans après, les habitants du village ont réussi la prouesse d’y développer des cultures maraichères sur des dizaines d’hectares. Et en Guyane, les Hmong sont devenus, grâce à leur ténacité, les premiers producteurs de fruits et de légumes de la région, offrant ainsi une contribution essentielle à la vie économique guyanaise.

 

David Damoison : Paris – Caraïbes

En 1995, David Damoison entame une odyssée personnelle. Elle débute à Paris, où il photographie la vie de la communauté caribéenne dans des quartiers marqués par la mixité, comme Belleville. Il décide ensuite d’explorer les Caraïbes pour y saisir la vie quotidienne, mais aussi les fêtes et les rituels de Cuba, de la République Dominicaine, de Haïti, de la Guadeloupe ou encore, plus récemment, de la Guyane.

 

Domique Darbois : Wayanas

Dominique Darbois effectue son premier voyage en tant que photographe en 1951. Elle débute avec une mission exploratrice auprès des amérindiens Wayanas dans les monts Tumuc-Humac, en Guyane. Elle en rapporte des photographies exquises, qui donneront lieu au premier titre de la célèbre collection Les enfants du monde, une série qui connaîtra un immense succès et sera éditée par le groupe Fernand Nathan de 1952 à 1975. Ce premier opus s’intitule Parana, le petit indien. La série sur les Wayanas, réalisée de 1951 à 1952, constitue un témoignage photographique exceptionnel, non seulement à cause de sa rareté mais aussi et surtout à cause de sa remarquable qualité artistique et documentaire. Avec des clichés sensibles, un regard tendre et respectueux, elle révèle le quotidien tel que le vivaient les Wayanas il y a plus de 60 ans, dans un milieu encore intouché par « la modernité ».

 

 

Miquel Dewever-Plana : L’autre guerre

L’autre guerre, c’est celle qui, au Guatemala, n’est pas déclarée mais fait aujourd’hui autant de victimes que durant le conflit armé des années 1980. Ce pays de 14 millions d’habitants est devenu l’un des plus dangereux au monde, avec 18 assassinats en moyenne par jour dont 98% classés sans suite. Violence chronique, pauvreté extrême, alcoolisme, narcotrafic et corruption généralisée : les jeunes du pays, privés de perspectives d’avenir, rejoignent en masse les Maras, des gangs ultra violents qui terrorisent la population.C’est cette sombre réalité, née du manque d’éducation, de la fragilité des structures sociales et d’une impunité presque totale, que le photographe Miquel Dewever-Plana montre depuis plus de dix ans. De ses longs séjours, il rapporte des images sans spectacle, qui révèlent que dans cette violence inouïe, l’amour, la sensualité et l’amitié existent encore. Avec des tons neutres, sans éclat, il dévoile un monde sous-tendu par la brutalité mais qui laisse le sentiment, désespérant, que toute cette jeunesse ne demanderait qu’à vivre.

 

Vincent Fournier : Space Project

Pour réaliser Space Project, Vincent Fournier a arpenté le  monde entier pour documenter les lieux terrestres les plus significatifs de l’aventure spatiale.
Ses photos à l’esthétique rétro-futuriste nous plongent dans les paysages des sites d’observation de Hawaii et du Chili, au Centre Spatial Guyanais, dans les installations de la NASA – aussi bien dans le désert de l’Utah qu’à Cap Canaveral en Floride -, et enfin dans la Cité des Etoiles en Russie.
Traitées comme un décor de science fiction, ses images naissent de sa volonté de faire appel à nos souvenirs du futur tel que nous l’imaginions lorsque nous étions enfants. On y perçoit ainsi des histoires réelles ou qui pourraient exister, toujours à la limite du vrai et du faux, sérieuses ou absurdes, drôles ou inquiétantes, passées ou futures…

 

Jean Galmot : Un dimanche au Placer

Juin 1907. La presse parisienne annonce qu’un aventurier intrépide, du nom de Jean Galmot, donne une conférence à la Société de Géographie. Coutume dans cette institution, la conférence est illustrée de trente-neuf plaques sur verre, épreuves positives noir et blanc.

 

Adrian Portugal : Aguadulce

Aguadulce signifie « eau douce » en espagnol. C’est aussi le nom de la plage la plus populaire de Lima et la mer y est bien évidemment salée. Cette contradiction signale que dans cet endroit, les choses fonctionnent selon une logique différente : celle d’un territoire libre, comme dans le monde des anciens carnavals. Chacun devient ce qu’il souhaite, à deux pas de la ville, mais très loin de ses règles et de ses définitions. Les souvenirs de cette escapade dominicale s’écrivent en images où l’on se rêve en croisière dans les Bahamas ou entouré d’animaux dans la forêt tropicale. En support à ces scènes fantaisistes, deux acteurs principaux : le sable, terreau fertile pour l’amour et l’eau, qui encourage la liberté.

Un évènement de qualité à ne surtout pas rater si vous vous trouvez en Guyane. Bravo au travail remarquable des organisateurs ! 

Plus d’informations sur www.rencontresphotographiquesdeguyane.com

Leave A Reply

Navigate