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French Touch

On prête souvent à Eric Morand, fondateur, avec Laurent Garnier, du label techno F Communications, la phrase « We give a french touch to house music ». Phrase qui aurait inspiré le choix du terme « French Touch » pour désigner le mouvement de musique électronique français qui vit des groupes comme Daft Punk, Air ou Etienne de Crecy rayonner dans le monde entier. Mais la « French Touch » ne s’est pas seulement différenciée sur le plan des sonorités et du traitement musical, elle a aussi permis l’éclosion et la démocratisation d’une nouvelle relation entre graphistes et musiciens. C’est, d’ailleurs, ce qu’entreprend de montrer Les Arts Décoratifs à travers l’exposition « French Touch. Graphisme, vidéo, electro » (du 10 octobre 2012 au 31 mars 2013) .

En effet, cette mise en lumière, scénarisée par le label 1024 Architecture, dévoile pleinement l’esthétique, les racines, les inspirations, les codes ainsi que l’héritage laissé au graphisme, à l’industrie musicale et audiovisuelle par ce mouvement. Cette dernière montre comment, dans les 90’s, à l’ombre des circuits ordinaires, formatés des majors et du mainstream, labels indépendants et collectifs d’artistes ont su se rassembler autour d’aspirations et de visions communes pour écrire l’une des plus belles pages de l’entertainment français.

Émancipés et distants vis-à-vis des grandes idéologies du 20ème siècle, ces artistes vont laisser libre cours à leur imagination par le biais d’artworks, de flyers ou de clips toujours plus créatifs. Cette période se veut l’époque d’une véritable synergie entre musiciens et graphistes à l’image des collaborations entre le label Solid (Alex Gopher, Etienne de Crécy, Pierre Michel levallois) et le studio H5 ou du collectif Restez Vivants ! avec le label Artefact. Les créations et recherches naissant de ce mélange et de ces rencontres vont aboutir à un détournement de la culture populaire, par des oeuvres se référant directement à la société de consommation, à la culture du mix et du copié-collé… Émerge alors de ce foisonnement, un regard nouveau et très contemporain, une réappropriation des liens entre disciplines artistiques, de l’entertainment, de la photographie et du rapport aux nouvelles technologies.

En somme, le récit de collaborations « audio, vidéo, disco » qui ont donné décloisonnement et renouveau artistique, prouvé, s’il le fallait encore, l’existence du légendaire « French flair« .

https://www.youtube.com/watch?v=s9MszVE7aR4

French Touch. Graphisme, vidéo, électro

Musée des Arts Décoratifs et de la Publicité

du 10 octobre 2012 au 31 mars 2013

107 rue de Rivoli

75001 Paris

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